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Combien coûte réellement l‘eau qui coule dans nos robinets ?

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L’eau est une ressource naturelle. Cependant, nous payons pour sa consommation. Cette facturation correspond à l’ensemble des services fournis aux différents utilisateurs à l’instar du comptage d’eau, son traitement pour la rendre potable et son acheminement jusqu’à notre. La facture que nous recevons n’est donc pas vraiment celle de l’eau. Elle est plutôt celle des différents services liés à la fourniture de l’eau. Nous allons voir dans cet article combien coûtent réellement ces services.

Le prix des services d’eau et de l’assainissement

La distribution de l’eau sur le territoire est administrée par la municipalité. Elle fait face à de nombreuses dépenses pour maintenir la qualité des différents services d’eau et d’assainissement. Les prix sont donc fixés par rapport au niveau d’équipement nécessaire. Les ressources d’eau subissent de grandes variations en qualité et quantité. Ce sont ces différentes contraintes qui font varier le budget nécessaire pour la distribution d’eau. Ce budget d’investissement influe directement sur le coût de l’eau auprès des consommateurs. Chaque commune doit compenser l’investissement consenti pour la qualité des services d’eau en la facturant.

Plusieurs organismes publics collectent également des taxes et redevances pour les redistribuer sous forme d’aides. Le but de cette manœuvre est la préservation des milieux et ressources aquatiques. Chaque usager assume un coût correspondant à 30% du service sur la base d’une consommation annuelle de 120m au niveau des communes urbaines depuis le 1er janvier 2012. Au niveau des communes rurales cette valeur est de 40%. Les communes touristiques n’assument pas de charges. Vous en connaissez désormais un peu plus sur pour comprendre pourquoi le prix réel de l’eau diffère d’une commune l’autre.

La fluctuation des prix

La valeur du budget d’investissement influence fortement le prix des services d’eau. Cependant, la fluctuation des prix est également due aux contraintes géographiques. En effet, il y a également comme contrainte, l’éloignement du lieu de captage. Cet éloignement entraîne une certaine longueur des canalisations. On distingue aussi les répercussions dues à la nature du solet au vieillissement des canalisations. Toutes ces différentes contraintes ont un impact sur les coûts d’entretien et de production.

Lire la suite de l’article ici : http://www.navi-mag.com/combien-coute-reellement-leau-qui-coule-dans-nos-robinets/

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Eau : comment le gouvernement veut accélérer le renouvellement des réseaux

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Au lendemain de la démission de Nicolas Hulot, le Premier ministre Edouard Philippe a néanmoins dévoilé les conclusions de la première séquence des Assises de l’eau, consacrée aux réseaux d’eau et d’assainissement. Il promet notamment une augmentation de 50% des aides pour la lutte contre les fuites et 2 milliards d’euros de prêts aux collectivités locales.

La date des annonces, fixée en tout début de semaine, a été maintenue malgré la démission surprise décidée la veille par Nicolas Hulot. Accompagné du secrétaire d’Etat auprès de l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu, dans le cadre d’un déplacement à Saint-Michel-de-Chaillol (Hautes-Alpes), Edouard Philippe a présenté mercredi les conclusions du premier volet des Assises de l’eau, lancées en avril dernier.

Voulues par le gouvernement afin « d’assurer la qualité du service rendu à un coût acceptable », ces assises qui associent élus locaux, parlementaires, associations de consommateurs, professionnels de l’eau et de la finance, ont été conçues en deux séquences. La première, qui vient justement de se clore, a été consacrée à celui que dans le secteur l’on dénomme le « petit cycle de l’eau », et qui englobe les réseaux d’eau potable et d’assainissement. L’objectif fixé était d’y « relancer les investissements », qui s’élèvent aujourd’hui à 0,8 milliard d’euros par an, alors que les besoins identifiés par les professionnels de l’eau seraient estimés à quelque 2 milliards.

Une approche centrée sur les fuites

L’exécutif a notamment mis l’accent sur la lutte contre les fuites, qui au niveau national engendrent la perte de 20% d’eau potable en moyenne.

« Nos réseaux d’eau et d’assainissement datent, pour l’essentiel, des Trente Glorieuses. (…) Il n’est pas totalement certain (…) que nous ayons suffisamment investi depuis lors dans leur entretien et dans leur renouvellement », a encore insisté Edouard Philippe mercredi matin.

« Notre objectif : diviser par deux la durée du cycle de renouvellement de nos réseaux », précise un tweet du compte du gouvernement.

Cette approche a été saluée par les professionnels du secteur, qui soulignent depuis des années la nécessité d’améliorer le taux de renouvellement des réseaux français (aujourd’hui de 0,6% par an). Elle a en revanche été critiquée par les collectivités locales, qui insistent sur la nécessité de tenir compte dans la définition des priorités des fortes disparités entre territoires . « La performance des services de l’eau en France est globalement bonne », indique à La Tribune Jean-Baptiste Butlen, directeur général adjoint d’Eau de Paris. « Si certains petits services, notamment ruraux (où la population est plus faible et les réseaux plus étendus, NDLR), peinent effectivement à entretenir leur réseau, ce diagnostic n’est pas généralisable », précise-t-il, en notant qu’un objectif « 0 fuites » ne serait ni réaliste ni toujours économiquement vertueux et que le législateur lui-même a fixé celui de rendement des réseaux à 85%.

Plus d’aides et de prêts aux collectivités

A l’issue de cette première séquence des assises, le gouvernement a néanmoins décidé d’augmenter de 50% les aides existantes destinées au financement de la rénovation de ces réseaux d’eau, ainsi que de mieux les flécher vers les territoires ruraux. Près de 2 milliards d’euros de subventions, versées par les agences de l’eau, seront ainsi consacrées entre 2019 et 2024 à cet enjeu dans les zones les moins favorisées. Des aides sont également prévues pour inciter les collectivités à effectuer de meilleurs diagnostics, ainsi que pour la gestion des eaux pluviales et la mise en place de « contrats de progrès »ciblés. 50 millions d’euros par an doivent aussi être dévolu au « développement d’une politique nouvelle d’innovation ».

Afin d’« améliorer les conditions d’emprunt des collectivités » pour financer l’ensemble de leurs projets d’eau et d’assainissement, deux milliards d’euros supplémentaires sur cinq ans seront mobilisés par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), sous forme de prêts octroyés au taux du livret A (0,75%) sur des maturités jusqu’à 60 ans. Globalement, selon le gouvernement, les investissements devraient ainsi passer de 36 à 41 milliards d’euros sur la période 2019-2024.

Se penchant également sur l’enjeu de l’accès à l’eau, le Premier ministre a annoncé vouloir accélérer la généralisation d’une tarification sociale. Les collectivités qui le souhaitent pourront notamment mettre en place un dispositif de chèque-eau pour les ménages précaires, géré par l’opérateur national du chèque énergie.

Les agences de l’eau recentrées

Pour nombre de collectivités territoriales  la « vraie question » des assises aurait dû être le rôle et les moyens d’action des agences de l’eau, censées assurer la solidarité entre l’ensemble des utilisateurs et les territoires. Face à leurs inquiétudes à ce sujet, le Premier ministre a réaffirmé « l’attachement du gouvernement » à ces instances ainsi qu’au « modèle français de la gestion par bassin », « un acquis à préserver ». Ces six agences verront d’ailleurs leur rôle renforcé dans l’attribution des aides, « qui ne seront plus automatiques », ainsi qu’en matière d’accompagnement technique ou juridique des collectivités. Un courrier rédigé fin juillet par Nicolas Hulot précise que leur action devra être recentrée autour de la solidarité territoriale notamment vis-à-vis de territoires ruraux et autour de l’adaptation au changement climatique, et introduit la possibilité d’un rééquilibrage des ressources et de prêts réciproques en fonction des besoins. Le gouvernement prévoit aussi de « moderniser, d’ici la fin du quinquennat, le dispositif des redevances des agences de l’eau ».

Edouard Philippe a néanmoins invoqué la nécessité de maîtriser la dépense publique et de baisser la pression fiscale pour justifier l’obligation faite aux agences de l’eau de reverser une partie de leur budget à l’Etat. Pour Gwénola Stéphan, responsable du service Développement durable de l’Agence des maires de France, cette approche est responsable d’un « affaiblissement des capacités de création de liens entre tous les utilisateurs de ces agences ainsi que des moyens d’investissement des collectivités locales » .

Le « grand cycle » traité à partir du 17 septembre

Déçues par l’approche parcellaire de cette première séquence des assises, les collectivités territoriales -mais en partie aussi les professionnels de l’eau-, misent donc sur le deuxième volet pour une analyse plus complète des enjeux de l’eau en France.

Lire la suite de l’article ici : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/eau-comment-le-gouvernement-veut-accelerer-le-renouvellement-des-reseaux-788646.html

 

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Vers une augmentation du prix de l’eau pour financer les réseaux

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Les réseaux d’eau vieillissent et pour financer leur remplacement, l’augmentation de la facture d’eau pour une partie des Français devrait être une des principales mesures portées par le gouvernement dans le cadre des Assises de l’eau.

En lançant ce chantier en novembre dernier au Congrès des maires de France, le président de la République Emmanuel Macron pointait la nécessité de dégager des moyens pour mettre fin à « la vétusté des réseaux » d’eau potable et d’assainissement et aux « fuites massives » sur certains d’entre eux.

Un litre sur cinq se perd dans les réseaux, estime en effet le ministère de la Transition écologique et solidaire, malgré d’importantes différences entre les communes. Pointé du doigt notamment: le sous-investissement de certaines collectivités pour renouveler leurs infrastructures (tuyaux, branchements).

Le taux de remplacement des canalisations est d’environ 0,6 % par an: cela signifie qu’il faut bien plus de 100 ans pour renouveler l’ensemble des tuyaux, dont la durée de vie est bien inférieure.

« Il faudrait investir 1,5 à 2 milliards d’euros supplémentaires par an », contre autour de 6 milliards actuellement, estime le président de la Fédération des entreprises de l’eau (FP2E), Frédéric Van Heems, un diagnostic partagé par la quasi-totalité des acteurs du secteur.

Reste à financer ces investissements, dans un système français basé sur le principe de « l’eau paie l’eau », à savoir que les dépenses des collectivités locales en matière d’eau doivent provenir des recettes perçues auprès des consommateurs.

« prix plancher »

« On se dirige vers l’instauration d’un prix plancher de l’eau », a indiqué à l’AFP Jean Launay, coordinateur de ces Assises.

Plusieurs des six Agences de l’eau, qui couvrent le territoire et sont en charge de la protection des ressources en eau, conditionnent déjà le versement d’aides aux collectivités à la fixation d’un tel prix minimum. L’idée serait de généraliser ce principe.

« Un prix bas est souvent le signe que le prix ne finance que la gestion quotidienne mais pas le renouvellement », explique Patricia Blanc, directrice générale de l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

Ce prix plancher pourrait s’appliquer sur la part eau potable de la facture, selon M. Launay, et différer d’un territoire à l’autre. Actuellement les Français payent en moyenne environ 2 euros TTC par m3 en France (et près de 4 euros en ajoutant la part correspondant à l’assainissement), un prix toutefois très variable d’une commune à l’autre.

« Les contraintes budgétaires nous conduisent à faire des choix difficiles: la première phase des Assises de l’eau a montré que l’essentiel du financement des infrastructures devait provenir de la facture d’eau », a confirmé la semaine dernière le ministre Nicolas Hulot devant les députés.

Une telle annonce aurait pu avoir lieu mardi, en clôture de la première phase des Assises, mais pour cause de grand rendez-vous entre Emmanuel Macron et les dirigeants syndicaux et patronaux, le ministère se contentera de communiquer des « conclusions d’étapes ».

Selon Thierry Burlot, président du Comité de bassin (sorte de parlement local de la gestion de l’eau) Loire-Bretagne, « il faudrait 1 euro par m3 d’augmentation pour renouveler les canalisations ».

La FP2E propose une hausse de 10 % de la facture, ce qui représenterait selon elle 3,30 euros supplémentaires par mois pour une famille, en soulignant notamment que les Français sont parmi les Européens qui payent le moins cher l’accès à l’eau.

Lire la suite de l’article ici : http://www.lepoint.fr/economie/vers-une-augmentation-du-prix-de-l-eau-pour-financer-les-reseaux-16-07-2018-2236581_28.php