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La douche chaude représente-t-elle un risque pour ma santé ?

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Dans ce podcast, il est question des risques sur notre santé à prendre une douche chaude sans filtrer le chlore et le calcaire d’une eau du robinet. Yann Olivaux auteur du livre « La Nature de l’Eau » y répond et nous rappelle pourquoi le chlore et le calcaire sont présents dans notre eau, comment en mesurer la quantité et quelles sont les solutions pour réduire leur présence voire les éliminer.

 

Rodolphe Forget (00:00) : Bonjour à tous ! Je suis très content de vous accueillir dans ce podcast audio « EAU Séance » ; au micro c’est Rodolphe Forget, vidéaste et blogger sur le sujet de « l’eau ».

Dans ce podcast, j’ai trouvé utile de parler des risques sur notre santé à prendre une douche chaude sans filtrer le chlore et le calcaire de l’eau du robinet.

Pour cela, j’ai interviewé « Yann Olivaux » l’auteur du livre « La nature de l’eau » lors d’un direct sur la chaîne YouTube EAU Séance il y a quelques jours de cela, l’enregistrement a duré deux heures que j’ai raccourci à 15 minutes pour coller au standard youtubesque.

Avant de commencer à écouter quelques extraits, je vous signale une nouveauté pour cette nouvelle saison puisque j’ai décidé de vous proposer gratuitement un livret numérique de la transcription des podcasts au cas où vous voudriez en garder une trace écrite ou alors si le son vous pose problème.

L’URL du livret est dans la description de cette vidéo, tout comme les infos utiles sur Yann Olivaux ou sur le site EAU Séance.

Allez ! Rien que pour vous je lance un petit « jingle ». (Musique préambule)

Rodolphe Forget (01:11) : La première question que j’ai posé à Yann Olivaux était de nous dire brièvement quels étaient les risques pour notre santé à utiliser une eau non filtrée du chlore et du calcaire pour prendre une douche chaude voici ce qu’il m’a répondu.

Yann Olivaux (01:24) : Alors, on va parler du chlore par exemple: le problème vient de la voie d’exposition sous la douche, c’est une voie respiratoire en sachant que la voie cutané et la voie respiratoire, on a un contact direct avec les muqueuses (muqueuse pulmonaire par exemple). Lorsqu’on ingère à la voie orale, il faut que ça passe par toute la barrière digestive donc, les substances que l’on inhale, posent vraiment des problèmes parce que ça passe directement dans le sang or le chlore, il y a une étude faite sur Rennes puisqu’on a une école de santé publique, la seule qui existe en France elle est à Rennes et dans les sous-sols du laboratoire des eaux, il y avait une douche expérimentale, la seule en France où on mesurait tous les produits volatiles qui se dégageaient lors de la douche. Et ils ont montré par des mesures assez fines que grosso-modo on inhale cent fois plus de chlore sous la douche que l’on n’en boit dans l’eau du robinet et puis, il y a aussi la voie cutanée puisque le chlore est un irritant sans compter les désagréments sur la peau et sur les cheveux.

Les inconvénients du calcaire sur notre corps causent des problèmes cutanés avec des peaux asséchées à cause de la grande dureté de l’eau, des problèmes capillaires avec des cheveux secs, une espèce de poudre de calcaire sur les cheveux. Ce sont les inconvénients entre guillemets sanitaires surtout des problèmes cutanés et capillaires pour le tartre.

Rodolphe Forget (03:24) : Ensuite j’ai trouvé utile de demander à Yann Olivaux de nous rappeler pourquoi on utilise le chlore et le calcaire pour le traitement de l’eau du robinet.

Yann Olivaux (3:33) : Le chlore bien sûr c’est à visée désinfectante, c’est un antibactérien, un oxydant et on l’utilise donc à des fins de désinfection microbiologique. Alors, en sachant que depuis le plan « Vigipirate », en novembre 2003, on a augmenté les doses de chlore et la législation prévoit que dans les réservoirs, on doit avoir 0,3 milligramme par litre de chlore et on vise au point dans les réseaux de distribution, on vise une concentration minimale de 0,1 milligramme par litre. Ça c’est pour les normes mais le chlore on l’utilise à des fins de désinfection.

Yann Olivaux (04:32) : Le calcaire et le carbonate de calcium et le tartre, pour être plus large, sels de calcium et de magnésium, les opérateurs comme dans ma ville à Rennes où on a des eaux douces et donc acides, on en utilise pour protéger les tuyaux.

Effectivement, une eau qui est acide avec peu de calcaire, peu de calcium et de magnésium, les tuyaux se corrodent beaucoup plus vite et donc pour protéger les tuyaux, ils rajoutent des sels de calcium et de magnésium dans l’eau, voilà la finalité pourquoi les opérateurs utilisent du chlore et du calcaire.

Rodolphe Forget (05:16) : Par la suite, j’ai demandé à Yann Olivaux de nous parler des solutions qui existent pour mesure la quantité de chlore et de calcaire présents dans notre eau dans le but d’évaluer le risque auquel on s’expose potentiellement à chaque fois que l’on prend notre douche.

La bonne nouvelle c’est qu’il existe une solution peu couteuse disponible en magasin ou sur internet, très connue des aquariophiles comme le Aquatest 6 en 1 pour lequel je vous ai mis un visuel sur l’image de la vidéo.

Yann Olivaux (05:43) : Oui, alors soit on a des bandelettes réactives comme Aquatest 6 en 1 qu’on trouve dans les magasins d’aquariophilie donc comme ce sont des bandelettes réactives, ça donne une idée ça n’est pas très précis mais c’est quand même extrêmement utile. Les aquariophiles au passage connaissent très bien les problèmes de qualité de l’eau. Donc dans ces bandelettes réactives 6 en 1, on mesure le PH, les nitrites, les nitrates, le TH c’est-à-dire la dureté de l’eau, le chlore et un autre paramètre qui est le TAC.

Pour le chlore, on a des bandelettes réactives qui donnent une idée du taux de chlore que l’on a dans l’eau. Pour la dureté de l’eau, on peut être beaucoup plus précis avec des réactifs sous forme liquide (moi qu’on m’a offert) qui s’appelle Total Hardness ça existe surement aussi dans des magasins notamment d’aquariophilie donc c’est des réactifs liquide, et ça permet de mesurer le TH, le Titre Hydrométrique au degré près.

Moi, je l’ai fait sur mon eau du réseau à Rennes et c’est comme ça que j’ai trouvé qu’a Rennes en effet, à 18° français et je suis allé à 50 kilomètres de là en compagne et on avait 17°C donc c’est par des réactifs liquides qu’on peut mesurer au degré prêt la dureté de l’eau ; le TH.

Rodolphe Forget (07:40) : Une eau correcte, si je te comprends bien, elle est en dessous de 18 ! C’est ça ?

Yann Olivaux (07:46) : Alors, ça dépend des sources, mais 1° français parce que chaque pays en Europe a ses définitions. 1° Français, c’est 4 milligrammes de calcium ou 2,4 milligrammes de magnésium ou encore 10 milligrammes de carbonate de calcium, c’est 1 sur 3 donc, 1° Français c’est 10 milligrammes de carbonate de calcium.

On considère selon les sources, bref, on a des références un peu différentes mais ça revient au même qu’entre 0 et 5 degrés, on a de l’eau très douce ; entre 6 et 10 degrés, une eau douce ; entre 11 et 15, on commence à parler d’eau moyennement dure; entre 16 et 30, de l’eau dure et au-dessus de 30 ça peut aller jusqu’à 50, c’est des eaux très dures. Je rappelle qu’à Montpelier ça serait environ 45° français.

Rodolphe Forget (08:50) : enfin j’ai demandé à Yann Olivaux de nous faire un topo de toutes les solutions pour filtrer le chlore et le calcaire sans donné bien sûr le moindre nom d’une marque et voici sa réponse.

Yann Olivaux (09:01) : Alors, je vais différencier le chlore et les sous-produits de la chloration du tartre: Pour le chlore, il y a des solutions efficaces assez bon marché principalement je ne vais pas trop rentrer dans les détails soit c’est des pastilles de charbon actif granulé, qui vont adsorber le chlore, pas absorber mais adsorber le chlore c’est-à-dire le maintenir en surface ; on a aussi des pastilles de vitamine C qui vont permettre de neutraliser le chlore et on a un autre procédé à base de zinc et de cuivre qui est le procédé KDF; le KDF, c’est intéressant puisque ça élimine le chlore très efficacement, plus de 90% les chloramines et ça réduit au passage la teneur en métaux lourds et ça a un aspect de réduction du tartre mais là je n’ai pas plus de précision mais le « KDF » c’est surtout très efficace et relativement bon marché pour éliminer le chlore et ses dérivés, notamment les chloramines.

Rodolphe Forget (10:25) : donc voilà une solution pour le chlore …

Yann Olivaux (10:26) : charbon actif granulé, vitamine C, KDF !

Rodolphe Forget (10:32) : Okay, donc ça c’est des solutions à bon marché pour le chlore mais se pose le problème du calcaire.

Yann Olivaux (10:39) : Alors, le problème du calcaire, ce n’est pas un problème simple puisque lorsqu’il existe des solutions efficaces, elles ne sont pas bons marché. Ça je pense avoir un peu près fait le tour en disant des solutions efficaces et bon marché eh bien non ! En gros, si je dois résumer les systèmes antitartres, soit on a des systèmes chimiques que sont les adoucisseurs avec des résines échangeuses d’ions. C’est des gros cylindres avec des billes en plastique et un revêtement de sels de sodium quand il y a contact avec les sels de calcium et de magnésium et de l’eau du robinet, ces résines vont absorber le calcium et le magnésium, et vont libérer le sodium en échange. C’est pour ça qu’on parle de résines échangeuses d’ions.

Et puis aussi on a les sels de polyphosphate, alors il faut toujours raisonner en termes comptables, s’il y a une colonne plus, il y a une colonne moins, c’est-à-dire quels sont les avantages ? Quels sont les limites et les inconvénients ? Les adoucisseurs, vous avez à peu près un contrat à vie ou vous avez une maintenance annuelle, c’est volumineux et il faut changer ses résines environ une fois par ans. Il y avait quelqu’un un jour qui m’a précisé, un agriculteur qui m’a dit que les adoucisseurs, ça marche sur l’eau chaude parce que le problème du calcaire ça concerne aussi l’eau chaude et lui il me dit « Oui, mais moi je me suis payé un adoucisseur à titre volumétrique » c’est très technique, qui marche aussi bien sur l’eau chaude que sur de l’eau froide.

Deuxième solution chimique, les sels de polyphosphate qu’on trouve dans les grands magasins de bricolage, ils ont aussi une durée de vie limité donc c’est à renouveler. Un des inconvénients c’est que ça va avoir aussi l’incidence sur la pression au réseau outre le prix et surtout la maintenance, le coût de la maintenance. Ensuite, on a un système physique, que je vais classifier en trois : les aimants dont tous ce qui est magnétique, les systèmes électromagnétiques ; là c’est un petit boitier électronique qui envoie des fréquences dans l’eau.

Moi, j’en ai fait construire un et j’ai vu qu’il y avait un moindre dépôt de calcaire sur mon pare-douche mais ça n’a pas réglé vraiment à 100% la solution. On a aussi des solutions efficaces que sont des solutions par électrolyse galvanique, c’est-à-dire que ce sont des cylindres dont lesquels on a une anode sacrificielle en zinc c’est-à-dire, une anode qui va réagir avec les sels de calcium et de magnésium, et on a une garantie de quelques années puisque l’anode finie par s’éroder donc durée de vie de quelques années. Et une dernière solution qu’utilisent par exemple les embouteilleurs en Champagne, c’est de rajouter du gaz carbonique dans l’eau pour le dépôt.

Alors en sachant que ces systèmes antitartre, certains ont une action sur l’eau de votre réseau et d’autres ont une action sur l’eau de votre réseau plus sur le tartre déjà formé.

Rodolphe Forget (15:10): Merci d’avoir suivi ce podcast audio, pensez à mettre un pouce en l’air si vous aviez apprécié et à vous abonner à la chaine YouTube EAU Séance ! Je vous dis à bientôt pour un prochain podcast.

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